Sortie nocturne du vendredi 22 novembre

Christophe vous donne rendez-vous vendredi 22/11 à 18h30 sur le parking bas de la volerie des aigles (point de RDV 9). La frontale est de mise !

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Sortie dominicale du dimanche 24 novembre 2019

Le rendez-vous de ce dimanche vous a été donné il y a trois semaines. Pour le consulter à nouveau, veuillez cliquer ici.

Inévitablement, certains n’auront pas cliqué sur « ici ». Ils se souviennent que c’est la sortie Beaujolais nouveau. Il y a fort à parier qu’ils auront oublié l’horaire également nouveau :

RDV à 9h30 !

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Bretagne (4)

La terre

Beurre salé. Pour les continentaux que nous sommes, rien de remarquable. Pour un Breton, ce n’est ni plus ni moins qu’un pléonasme. Lorsque l’on a vu les moutons ou les vaches paître sur la lande, alors que la mer vient à peine de se retirer, on imagine très facilement le goût que peut avoir l’herbe. Et donc le lait, le fromage, voire la viande. Le beurre ici est salé par essence. Sinon, ce n’est pas du beurre. Parole de Breton.

Pour les maisons c’est pareil. Par essence, ça ressemble à un bunker. Ouvertures minimalistes, section de murs énormes, pierre grise à pleurer avec toutefois deux coquetteries par rapport au bunker : une cheminée massive à chaque extrémité du toit… Bonjour la finesse !

C’est facile de se moquer. Pendant notre court séjour, nous avons connu une mer d’huile et subi un vent que l’on peut sans exagérer qualifier d’agréable, puisqu’il se limitait à faire danser les cheveux des filles. Mais il est d’autres moments où sa musique est différente. Des moments où les autochtones savent pourquoi les volets sont si petits et les portes si basses. Des moments pas si rares où le vent ne respecte pas la limitation de vitesse des autoroutes et où l’on s’en fiche que la lumière du jour n’entre pas bien par les fenêtres minuscules, car de toute façon le vent a fait tomber le ciel par terre, et de lumière il n’y en a quasiment plus. Lorsque les éléments sont déchaînés, on est content d’être à l’abri et pas trop désireux d’avoir un pignon plus haut que celui du voisin. Face à la mer, tout le monde est humble. A moins que l’on ne crèche en ville. Là, à l’abri d’un mur d’enceinte, assez épais pour résister à l’artillerie d’une armada hostile, on ose monter les constructions un peu plus haut. Quatre étages précisément. Mais avec des ouvertures dignes de ce nom cette fois. Pour compenser la perte de résistance du bâti due aux ouvertures, on collera les maisons les unes aux autres en un bloc aussi massif que les remparts, donnant à l’ensemble un aspect monolithique d’un autre siècle. Pas de fioriture, aucun détail inutile. L’architecture dans la citadelle n’est pas vraiment une incitation à la rêverie ou la poésie. On est clairement dans le rapport de force : avec les éléments naturels ou avec les éléments humains. Il faudra s’écarter du bord de mer et de la lourdeur de ses constructions stratégiques, pour trouver un peu plus de légèreté, de poésie. Ici, derrière les murs de St Malo, ça sent l’austérité du temps jadis. Ça sent la vie dure et laborieuse de nos ancêtres, une existence rude que nous avons oubliée. Heureusement, en nous écartant du centre historique, nous retrouvons un habitat contemporain plus léger. Un habitat qui nous dit que nous venons de vivre 70 ans de paix et que c’est grandement appréciable. Les baies vitrées ont fait leur apparition, laissant entrer la lumière du soleil couchant. Le bois a recouvert certaines façades et apporte sa touche de chaleur et de modernité. Les signes d’une vie meilleure.

Comme partout, à un moment le bâti s’arrête. Et là, c’est le terroir qui s’exprime. Une terre protégée des grands froids par son climat océanique, une terre copieusement arrosée par des pluies régulières et légèrement asséchée en surface par des vents réguliers. Le paradis des plantes ! Tout y pousse avec bonheur. On ne se fatigue pas à rentrer les pots en hiver. La variété des végétaux nous rend envieux, nous continentaux. On tente l’achat. Elles sont si belles. On a tellement envie d’emmener un petit bout de ce paradis luxuriant. Alors on parie. On fait le pari qu’il ne gèlera pas cet hiver, ni l’hiver suivant. On rêve de voir ces plantes s’adapter chez nous. Et le gel finit par avoir le dernier mot. On se jure que l’on ne se fera plus avoir, un peu confus d’avoir eu un cœur d’artichaut. Et la fois suivante, on se laisse aller à rêver à nouveau. C’est comme le cycle de l’eau, c’est un éternel recommencement. On finit toujours par retourner en Bretagne !

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