Bretagne 2019 (5)

Il est là, le cœur de Sport Evasion ! Dans ce moment de partage où l’on est là pour les autres. Les heures de bus, la fatigue du voyage, c’est d’abord pour ces moments-là qu’on les accepte.

Ces moments où nous sommes tous ensemble, supporters, marcheurs, coureurs, à partager un même plaisir.
Le départ. C’est un peu une libération après la longue attente qui précède la course. Les réserves d’énergie sont au max, l’échauffement a évacué une partie du stress lié à la méconnaissance du parcours qui nous oblige à partir prudemment pour ne pas se cramer à mi-course. Gérer. Ecouter ce que dit son corps au cours de ces premiers kilomètres. Tenir compte de ce que l’on a fait à l’entraînement et choisir : rester dans la retenue et voir venir ou tenter le coup sur des bases un peu élevées. On cherche dans le peloton, celui ou celle qui nous servira de lièvre. Ne le connaissant pas, on ne sait pas quelle est sa stratégie. Est-il fort et va-t-il accélérer progressivement ? Est-il déjà au max et va-t-il s’écrouler juste avant le sommet ? Ne va-t-on pas faire abstraction des autres et n’écouter que soi ? A Sport Evasion on a cette chance d’avoir pas mal de coureurs sur une épreuve. On a donc des références qui nous permettent de nous situer. On a devant soi quelques locomotives auxquelles on arrivera à s’accrocher certains jours. On a quelquefois un copain en forme que l’on peine à suivre et qui va gentiment lever un peu le pied pour nous permettre de rester à côté de lui. Ça c’est du vrai luxe, cette camaraderie. Seul, on aurait lâché prise. Avec ce compagnon qui nous tire si généreusement, on va serrer les dents et on va continuer coûte que coûte pour aller jusqu’au bout de nous-même. Et on va les faire ces deux derniers kilomètres, ce dernier tour de parcours de santé alors que notre corps crie grâce, juste parce que notre pote croit en nous et qu’on a envie d’être à la hauteur de ses espérances. On va continuer à mettre un pied devant l’autre alors que ça nous coûte tant, alors que notre cerveau nous répète à chaque pas que le soulagement pourrait être immédiat. Impossible avec ce pote à côté de nous. Il a sacrifié son chrono personnel pour nous accompagner, pour nous faire réussir. C’est impensable de le laisser tomber si prêt du but. Un fil invisible nous empêche de nous écrouler et nous fait relever la tête. Le fil invisible de l’amitié. On continue. Tant qu’il est là à côté de nous, on continue. Vaille que vaille. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte d’énergie. Et voilà le moment redouté où il n’en reste plus. On sent qu’on va lâcher. Malgré l’ambiance festive de l’arrivée dont les clameurs parviennent à nos oreilles. Malgré notre volonté farouche de ne pas décevoir. Et puis le premier petit bonhomme à la veste bleue ou verte fait son apparition dans notre champ visuel. Ce serait trop con maintenant. On ne sait pas vraiment comment on y arrive, mais on y arrive. Après le virage ils sont trois à battre des mains à tout rompre. Dix mètres plus loin un photographe connu immortalise notre corps défait et nous précise combien de mètres il nous reste avant la délivrance. Ils sont de plus en plus nombreux, là, au bord du chemin, attendant depuis si longtemps de voir notre sourire récompenser leur présence que l’on ne se pose plus la question de savoir si nos jambes ont envie ou pas. Notre famille est là au bord du chemin et le plaisir de les retrouver est plus fort que tout le reste. On vient de franchir la ligne exténué, sans trop comprendre comment on y est parvenu. L’oxygène revenu au cerveau, on va remercier notre bienfaiteur du jour qui nous a permis de dépasser nos limites et l’on ira se poser au bord du chemin parmi les autres. On attendra avec tous les autres, en famille, que le dernier soit rentré au bercail. On applaudira avec fierté tous ceux qui passeront la ligne après nous car on sait la volonté dont ils ont su faire preuve pour parvenir ici. Ankylosés, fourbus, assoiffés, grelotant de froid ou dégoulinant de sueur, on ira les retrouver pour les féliciter de faire partie de tous ceux qui ont eu le courage de s’aligner au départ, de sortir du confort de leur quotidien et d’oser se remettre en question sur la ligne de départ. C’est ça l’esprit de Sport Evasion. Belle famille non ?

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2 réponses à

  1. Edith dit :

    Une très belle famille sportive dont le bonheur de ses membres est le fruit. Au-delà du sport, c’est d’abord un état d’esprit qui règne dans ses rangs de marcheurs, de coureurs et de cyclistes où tant d’amitiés se sont nouées….
    merci Pierrot de nous livrer si habilement les sentiments, les paysages, la vie…

  2. sengler dit :

    c est absolument merveilleux de lire ce texte , c’est exactement ce que je pense , mais je n’aurais pas su l’écrire !! Merci Pierrot . Oui SPORT EVASION c’est un état d’esprit , on trouve toujours quelqu’un pour nous soutenir , je suis toujours ( presque ) la dernière mais il y a toujours quelqu’un qui m ‘attend et qui me dit qu’on va y arriver . Et de très belles rencontres c’est un weekend end où je m’éclates . A très bientôt

    Muriel Sengler

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