Marche Sport Evasion : Breitenbach Champ du Feu

La sortie était préparée par Yves et Nicole, c’était donc un beau produit d’appel. Certes, le secrétaire du blog en avait rédigé l’annonce et ne l’avait pas immédiatement publiée, ce qui a conduit à un téléscopage de sorties, puisque François avait réservé un restaurant pour la sortie annuelle des cyclistes. Aïe ! Impossible de reculer. Il était écrit que l’offre de Sport Evasion serait généreuse ce week-end ! Les indiscrétions du bouche à oreille faisaient craindre une participation restreinte à la sortie vélo. Mais la météo de la semaine, malgré l’annonce surréaliste d’un dimanche sec, laissait à penser que cette belle offre allait tout simplement … tomber à l’eau.

Qui aurait pu croire, en fin d’après-midi, ce samedi, que le lendemain ne verrait pas tomber la moindre goutte d’eau ? Pas grand monde. Mais tout un chacun sait bien que la détermination à Sport Evasion est grande et que les sportifs ambitieux -qui voient le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide – sont assez nombreux pour faire confiance aux prévisions optimistes de la météo ! On allait voir ce qu’on allait voir !

MERDE ! Ils sont déjà partis ! Eh bien oui ! Pour une fois, un groupe important est parti à l’heure ! Cette détermination fait chaud au coeur. « Tu n’avais qu’à être à l’heure » résonna dans la tête de votre serviteur. Eh oui, j’avais cinq minutes de retard. Le faible trafic de ce dimanche matin et la marge de sécurité comprise dans l’heure de rendez-vous pour le co-voiturage laissait envisager une arrivée malgré tout dans les temps. No stress. Peut-être même que nous allions ratrapper le convoi avant Breitenbach.
Finalement non. L’absence de voiture au bord de la route devant chez Guygues laissait à penser que les nombreux véhicules étaient tous partis vers le haut du village où l’on pouvait tranquillement garer une dizaine de voitures sans déranger la circulation. Un doute me traversa tout de même l’esprit et je m’arrêtais en catastrophe avant l’impasse et décidai d’aller voir, si par hasard, les véhicules de Sport Evasion n’avaient pas réussi à se garer sur la petite place du fond. Eh bien non, pas de véhicule dans la rue. Je passe devant chez les Milani et REMERDE ! Nicole est à la fenêtre ! Mais qu’est ce qu’elle fout là ? Elle devrait être avec le reste du groupe en haut du village ? Je pile et je la vois qui se marre. Il y a vraiment un truc qui m’échappe ! Je baisse la vitre et lui demande où sont les autres.
– Comment ça les autres ? me répond-elle en se bidonnant, vous êtes les seuls !
J’ai mis quelques secondes avant de refermer la bouche. J’ai finalement réussi à articuler :
– C’est une blague ?
– Ben non, en fait je pensais même que personne ne viendrait…
J’entends résonner dans ma tête, LE MARRONNIER ( dans le langage journalistique, il s’agit d’un sujet banal qui revient de façon cyclique, comme la rentrée des classes et qui oblige, d’année en année à répéter les mêmes choses à la virgule près, et sont donc d’un ennui profond pour ceux qui se les tapent) de Sport Evasion : ce serait bien que les coureurs fassent l’effort de participer à une sortie MARCHE pour permettre à tous de se connaître. Ce jour sera donc marqué d’une pierre blanche ! TROIS coureurs ont fait connaissance avec une marcheuse, ravie de bénéficier d’autant d’attention (dixit « je ne vous remercierai jamais assez de cette marque de bonne volonté »). Dire que c’était en partie adressé à son mari me laisse pantois.
On gare donc la bagnole dans la cour, et on va poser notre c… sur une chaise, car on a vraiment du mal à y croire. On a immédiatement commencé à dire du mal. Le sourire est très vite revenu. Avec le café les rires bruyants également. Et puis, on a décidé qu’on pourrait aussi marcher en disant du mal. Cap au Nord.
La vapeur n’a pas tardé à monter avec la dénivelée. Au bout d’un quart d’heure, il ne restait qu’un Tee-shirt sous le sac à dos. Nous en avions à peu près terminé avec le ramollissement des corps et des cerveaux qui opérait inexorablement dans les rangs de notre club. Il était temps de passer à autre chose.

Et pour cet autre chose, il suffisait de tourner la tête. La mer de nuages qui inondait la plaine, laissait émerger quelques-uns des repères du terrain de jeu de Sport Evasion : la forêt Noire au fond, l’Ungersberg à gauche, l’Ortembourg au centre et le Hahnenberg à droite. Tout le reste était dans le brouillard. Les cyclistes aussi. Honnêtement, on s’est encore moqués. Des fois, c’est vraiment jubilatoire de se moquer. Nous n’avons pas résisté. C’EST MAL ! C’était beau aussi, la danse des nuages qui cachent tour à tour le Haut Koenigsbourg, le Bernstein ou le Frankenbourg. Et c’était franchement dépaysant de regarder ces lieux tant de fois parcourus avec une perspective inhabituelle. C’est là-bas qu’on court souvent, mais on a l’impression de les redécouvrir.
Les coulemelles ponctuent notre avancée de leur présence régulière. Le chemin semble balisé, tant elles émergent régulièrement au bord du chemin ou sur les talus. Leur couleur noisette défraîchie annonce le début de leur déclin. Ces champignons-là, n’ont pas besoin d’une hygrométrie élevée pour se développer ; un peu de rosée matinale et l’absence des rayons directs du soleil sont des conditions suffisantes pour leur bonheur.

Soudain c’est le flash. Ca pête dans le sous-bois comme sur le nez d’un clown : les petites sphères rouges qui s’élèvent sur leur tiges blanches, nous annoncent que la saison des champignons décolle vraiment. La pluie abondante a permis à la nature de donner généreusement.

Nous en verrons des centaines, des amanites tue-mouche. Partout. Quels que soient les versants. Elles auront surtout été annonciatrices de la possibilité de trouver quelques protubérances comestibles, je veux parler de Boletus Edulis, qui comme chacun le sait, est LE champignon à récolter à l’automne.

Et il n’a pas tardé à se montrer, permettant à l’un de se mettre en mode « chasse au trésor » et aux autres de se mettre en mode « pause-café-chocolat ».

On remballe. On ne va pas planter la tente en attendant que le chasseur ait ratissé le massif. On a pitié de lui. Il a sorti le plat à tarte – qu’il aurait du laisser sur la table au départ – pour porter le kilo de cèpes qu’il vient de ramasser. On lui donne un sachet plastique à la place. On ne s’en doute pas encore, mais en lui offrant un volume de stockage supplémentaire, on l’incite à caracoler sur tous les talus, on le conforte dans son vice. Il va inspecter chaque carré de mousse et réussira rarement à fouler le chemin emprunté par le groupe. Il n’est pas perdu, mais on ne va plus compter sur lui pour animer la discussion.

Il s’était annoncé comme étant des notres aujourd’hui. Pour une raison que nous ne connaissons pas il n’est pas là. Nous ne sommes pas rancuniers au contraire. Nous réunissons la chorale de Sport Evasion au grand complet et entonnons un petit couplet à son intention.

Happy birthday to you ! Pour la version chinoise, voyez avec Seppela.

Le col du Kreuzweg n’est plus très loin. Le papotage reprend son droit après l’intermède musical. On échange quelques mots courtois avec le premier trio de marcheurs que nous apercevons ce matin. Nos routes se sont à peine croisées. La leur serait un détour pour nous. Nous poursuivons notre route pour arriver à l’heure sur le lieu du pique-nique.

Le chasseur continue d’écarquiller les yeux dans le fouillis des millions de feuilles de hêtre qui noient les indices qu’il recherche. Il se concentre sur les zones où la couleur verte domine et triomphe quelquefois, à la faveur d’un tapis de feuilles un peu trop clairsemé.

Il aperçoit une petite languette caramel légèrement luisante, le plus souvent recouverte d’un fouillis de mousse et d’herbes. On glisse un doigt sur la merveille luisante et l’on dégage la merveille. On inspecte rigoureusement les environs à la recherche d’un autre spécimen car on espère qu’il n’est pas seul. En fait, c’est le chasseur qui se retrouve seul car ses trois compagnons poursuivent leur route avec la régularité du métronome. Je mets mes bottes de sept lieues, et je rejoins mes trois compagnons.

Le quatuor poursuit sa route. On s’approche du champ du Feu. Nos oreilles sont intriguées par un bruit étrange qui n’est pas d’origine animale. C’est un bruit métallique à nul autre pareil. Un bruit de frottement. Ah mais oui ! Nous sommes à côté de parc aventure. Nous entendons les tyroliennes. Et nous apercevons les plates formes accrochées aux arbres. Quelques êtres humains traversent notre champ de vision. Quelques centaines d’oies aussi. Une dizaine de maisons, la route, le col. Puis la forêt reprend ses droits.

Les couleurs d’automne commencent à poindre. Le contraste entre feuillus et conifères fait de plus en plus son effet. Le tapis de feuilles lacéré par les eaux de ruissellement donne une bonne idée de la quantité d’eau qui est tombée ces derniers jours. Le sol est détrempé mais pas boueux. La marche est aisée et nous progressons sans problème.
Au détour d’un chemin, les arbres ont laissé place à la prairie. Des vaches blanches et noires paissent tranquillement. La pause de midi est imminente. Les pas s’allongent et une voix bien intentionnée nous annonce que l’endroit du pique-nique est en vue ! C’est juste là au dessus.

Seulement voilà. Le chasseur a encore aperçu une marée d’amanites tue-mouches. Bientôt les voix de ses camarades qui poursuivent imperturbablement s’étiolent et ne sont plus perceptibles. Il pressent. Une prairie bien humide, quelques conifères épars. Une litière idéale pour le cèpe. Et soudain le chasseur s’immobilise. Là. Sous la branche.

AVERTISSEMENT
Aucun membre de Sport Evasion n’étant mineur, la suite du compte rendu apparaîtra donc en clair. Les propos à teneur fortement suggestive pouvant heurter le lecteur juvénile.

Amis lecteur adulte, pour bien mesurer le plaisir du chasseur, je te demanderai de te mettre à sa place et de laisser les mots, te suggérer la magie de la rencontre.
Il est là ton trésor. Fais comme le chasseur, avance ta main vers la toison hirsute qui en cache le sommet et ferme les yeux. Tes doigts arrivent au contact de la surface humide. Ta main est irrémédiablement attirée par la cavité en contrebas. Tu la laisses glisser doucement jusqu’à ce qu’elle entre en contact avec le velours blanc.

Un délice. Quelle douceur ! Quelle fermeté !

Il est énorme ! Plus tu descends et plus il enfle ! Quelle générosité !

MAIS QUEL PIED !

Ta main tremble d’émotion lorsque tu le saisis à pleine main. Il est à toi. Tu ne le feras pas souffrir. Ton geste sera précis et rapide. Il n’aura pas le temps de réaliser et ce sera fini.
Le coup d’Opinel est précis et rapide. Il traverse la base du pied avec un léger crissement et tu ressens un brûlure aigüe.
Merde c’est quoi encore que ce bordel ! Depuis quand ça fait mal quand tu émascules une plante ?

Ah putain de merde, ça pisse le sang (je vous avais prévenu, c’est pas un récit pour les enfants !) Je me suis entaillé le doigt. Qu’est ce que c’est chiant ces couteaux qui coupent ! Avec ce pied tout rouge, là haut ils vont encore me demander :
«Tu es sûr qu’il est bon ?»

En bon chasseur, tu ne bouges pas. Agenouillé dans l’herbe, tu fais attention à ne pas marcher sur le voisin s’il est là. Tu scrutes les alentours immédiats. Et tu vois les taches de la couleur bénie s’allumer les unes après les autres. Tu comptes. Car il va falloir que tu t’éloignes légèrement pour chercher le sachet que tu as posé un peu plus loin. Sept. Il y en a sept autres. En arc de cercle autour du sapin.
Lorsque tu as joué au chirurgien et que ton sachet s’est alourdi d’un bon kilo, ta fièvre est au maximum. Et s’il y en avait d’autres ? Tu t’écartes un peu de l’itinéraire précédent et bingo ! Un nouvel arc de cercle caramel se dessine devant toi.

Pierrot !

Ben oui t’es pas seul. Si tu entends ça, c’est qu’ils ont déjà commencé. En fait ils sont polis. Ils voudraient se resservir, mais ils préféreraient remplir ton bol de soupe avant, histoire que tu aies pu en gouter, toi aussi.
Mes trois compères sont assis cent cinquante mètres plus haut.

Ils contemplent la vue magnifique qui s’offre à leurs yeux.

Cruel dilemme. Je ne peux quand même pas laisser tous ces champignons au bord du chemin ! Réfléchis Pierrot. La dernière fois que tu en as ramassé autant ? C’était il y a 6, 8 10 ans ? Vingt. Il n’ y a plus à tergiverser. Je mets les bouchées double. Au moment de couper le dernier, dix minutes plus tard, second coup de semonce.

Pierrot !

Il existe une version sonore à la disposition de tous ceux qui veulent se faire une idée de l’effet que cela produit. Pour cela, il vous suffit d’appeler Thierry BEYER (le voisin également membre de SECA) au 06 86 85 05, il se fera une joie de vous la reproduire ; il n’a pas son pareil pour l’imiter ! (Service gratuit jusqu’à 23 h. Après, ça risque un tantinet de l’énerver : vu qu’il se sent épié toute la journée, il aura un peu de mal à ce que vous rameniez sa voisine dans ses pensées la nuit…)

Je prend mon sachet plein à craquer et je file à table avec un butin d’au moins 4 kilos. Ils ne se sont pas moqués de moi. Le sachet est de qualité. Il ne craquera pas. C’est une ancienne version qui va mettre au bas mot 200 ans à se déliter avant de finir en confettis dans la banquise… qui en principe n’existera plus !

Ils ont tout prévu : la soupe, la couverture de survie pour les fesses fragiles, le chocolat, les fruits, le café et les petites cochonneries qui l’accompagnent. Il suffit ensuite de relâcher le dos et de finir à l’horizontale en goûtant le calme, le silence et la volupté.

Esch dass ne güat !? Also besser as a drett vom a essel !

(version francophone : c’est pas bon ça !? En tout cas meilleur qu’un coup de sabot de la part d’un âne !)

Les meilleures choses ont une fin. Vient l’épreuve de la journée : repasser à la verticale. Rien que l’idée en est douloureuse ! On replie donc sa carcasse, on ramasse tout ce qui traîne et la bonne nouvelle c’est que le sac à dos est un peu plus léger.


Direction Champ du Feu. L’ascension se poursuit dans un magnifique hêtraie. Les tronc lisses et gris ont envahi le versant, laissant rarement de place à une autre essence. Il y a assurément une atmosphère de ski de fond ici. Le fléchage des pistes le confirmera rapidement. Comme on n’a pas l’habitude de fouler ces sentiers sans neige, on est tout de même un peu dépaysé, de voir le secteur des myrtilles sans son manteau blanc.
Et puis c’est la tour. Elle aussi a un look inhabituel. Elle est entourée d’un corset de barrières et flanquée d’une grue. Elle est en plein ravalement.
Et c’est précisément à cet endroit, que le chasseur est tombé dans le piège sournoisement ourdi par ses trois compères : pendant que votre serviteur avait l’esprit monopolisé par la vue du chantier, ils en ont profité pour ranger mon butin dans un sac à dos qu’ils avaient vidé à la hâte. Il n’était pas encore sur le dos de Nicole que ne tentais d’intervenir. Mais trop tard. Mon butin s’est envolé sur son échine et je me suis vu opposer une fin de non retour sous un fallacieux prétexte thérapeutique, comme quoi le sac à dos avait exactement la masse requise pour redresser un squelette naturellement trop vouté et je lui offrais ainsi la possibilité de moins souffrir.
Même si vous savez l’argument scientifiquement douteux, il faut bien avouer qu’il est difficilement attaquable. Garder mon butin pour moi aurait fait terriblement mesquin. Et peu généreux. La machination perfide avait atteint son but. Le mouton solitaire était contraint de réintégrer le troupeau.
On traverse la route et l’on foule le magnifique tapis de mousse sur le plateau du Champ du feu. Les jambes avancent toutes seules.

Nous sommes sur l’autoroute qui mène à la Serva.

C’est précisément ici, que tu auras droit à un petit intermède culturel. Comme tu le sais bien ami lecteur, l’appellation « Champ du feu » n’est pas attestée par des preuves archéologiques. C’est donc un lieu ouvert à l’imaginaire. Le terrain de jeu idéal pour des artistes.

Non, non ami lecteur n’aie pas peur. La section adulte de ce récit est bel et bien enterrée. Car tu le sais bien toi – contrairement à un mythe très répandu dans l’immense majorité de la gent masculine – que les meilleures… sont les plus courtes !
Il n’y aura aucune allusion scatologique. Ils ne sont PAS vautrés sur une merde. Laisse ton esprit s’élever un peu bon sang ! Ils ne font que contempler le MONDE. Tel qu’il est. Et ça semble même les réjouir… Ce qui confortera bon nombre d’entre vous que l’art contemporain n’est qu’une grande mystification.

Pour d’autres, il s’agit d’un jeu. Il suffit de se laisser entrer en résonance, de laisser un peu vagabonder son imagination et de s’approprier la chose. Aller dans le sens de la masse, ou de t’y opposer. Ou comme le petit lutin, de juste te marrer.

Le petit oiseau va s’envoler …

Si l’on veut absolument rester sérieux, c’est sûr, ça va se terminer par «ich versteh ke chiss!» ( la traduction littérale n’a aucune saveur «je n’y comprends rien», car en alsacien le chiss c’est le tas de matière présent au milieu du cliché avec l’odeur en plus. A la limite on pourrait traduire par «je me sens dans la merde»)

Après l’intermède culturel, la pente douce nous a mené jusqu’à la Serva.

Le hêtre plusieurs fois centenaire nous tendait les bras.

Comment résister à son appel ?

Où l’on découvre que le toit de la salle hors sac est végétalisé !

Ça y est. Cette fois c’est parti pour le retour. Je chope un cèpe sur le talus et les marcheurs en mode compet me prennent… 50 mètres ! Je suis obligé d’allonger les doigts de pied et de passer la surmultipliée pour refaire mon retard coûte que coûte. J’ai encore la naïveté de croire que j’aurai l’opportunité d’en prélever l’un ou l’autre, alors je le range là ou je peux.

Le commando trace à une allure dingue. Je sais bien qu’on est sur la piste du hibou mais quand même. Et c’est alors que je réalise qu’au bout de la piste, il y a le restau du col de la charbonnière ! Qu’est ce que ça développe comme énergie, un corps qui veut sa dose de café !

Bon, la bière du mois, Fischer ambrée, ça ira aussi. Esch dass guët ! (je sais je lai déjà dit)

La suite, ce sera la partie la plus dure : la descente. Ça chauffe les cuisses et l’on se dit «on a monté tout ça ?»

La pente est raide, les cailloux nombreux sous les feuilles. Plus le temps de flâner car devant ça file.
Première langue de bitume, trace d’habitation, premier repère connu pour les non-autochtones. Je sens qu’on n’est plus loin. Le voile végétal se déchire et le panorama un temps noyé par les nuages s’ouvre complètement.

Ici tout est vert. Les feuilles jaunissent légèrement sur certains arbres. L’automne n’en est qu’à ses prémisses. Les frênes juvéniles du bord de la route ont laissé tomber quelques feuilles à peine jaunies tandis que le pommier voisin a lâché sa cargaison de pommes rouges plus petites que les grosses noix de Gyugues. Les toits se rapprochent. Deux virages, un angle à 45°, et le puis voilà. C’est l’heure de relâcher les doigts de pied.

Dans le sachet, c’est la loi de la nature. Les plus forts ont survécu. Les spécimen les plus fragiles rapportés pour une identification ont moins bien tenu le choc. Certains à l’état de bouillie n’ont pas grand chose de reconnaissable. Ils partiront directement au compost. Les autres, une fois brossés et nettoyés offriront leur saveur dès le lendemain ; quelques autres mis à sécher nous rappelleront un peu plus tard, combien on se sent bien autour du Centre du monde (point de RDV34) !

Merci les Milani !

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