le portrait du jour

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Pour le portrait du mois, je suis allée à la rencontre d’un grand bonhomme ! grand par la taille mais aussi grand par le cœur, d’une nature très réservée.

Né en 1964, il grandit à Sélestat. Sa maman maraîchère, s’est retrouvée veuve avec 5 jeunes enfants. Elle se maria en secondes noces avec un maître cordonnier qui officiait places Vanolles, et de cette union naquirent deux enfants, dont notre ami.

Son papa  abandonna son métier et son atelier pour seconder son épouse sur le train de culture. Notre ami aimait l’agriculture maraîchère  et aidait beaucoup ses parents, toujours avec plaisir, sans contraintes. On pouvait le voir alors tenir le stand de légumes au marché du mardi matin.

Dans son enfance, il pratique le football de la catégorie Poussin jusqu’à Junior, au sein du S.C.S. Son père encaissait les droits d’entrée, avec Claude Dillenseger. Il s’essaie également durant 5 ans, au karaté jusqu’à l’obtention de la ceinture marron.

Son père décède lorsqu’il a 15 ans et ce départ le bouleverse. Il arrête le sport.

Il aime pêcher, souvent au Giessen près du champ de tir.

Notre ami a fréquenté l’école du centre, le collège Béatus, puis il a entrepris une formation de tourneur fraiseur au lycée Schwilgué.

Il n’a jamais aimé l’école, car il est atteint d’un trouble du langage depuis l’enfance. Ce qui paraît un handicap anodin est en réalité une grande souffrance. Un léger bégaiement lui a quelque peu gâché son enfance, puis son adolescence. Les enfants sont cruels et les quolibets à son encontre ont anéanti son estime et sa confiance.

Un professeur, Monsieur Dujardin, repère ce mal-être et le dirige vers des cours d’orthophonie, il lui en sera reconnaissant toute sa vie.

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Lorsque les yeux amoureux de celle qui deviendra sa femme se posent sur lui, il reprend confiance ; ils se sont rencontrés alors qu’il supportait l’équipe de handball dans laquelle elle jouait. De leur union naissent deux enfants. D’ailleurs son épouse a rejoint le club dès 2012, dans le groupe de marcheurs.

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Dans la vie active, parler en bégayant suscite au mieux de l’interrogation, souvent du sarcasme, au pire de la moquerie. Toute action du quotidien se transforme en véritable combat. Décrocher le téléphone est un véritable calvaire.

Diplôme en poche, il trouve un emploi de tourneur – fraiseur qu’il occupe durant 9 ans. Puis il signe un contrat en Allemagne, mais démissionne car ce travail ne lui plaît pas.

Père de famille, par nécessité, il prend le premier job qui se présente : la grande distribution, d’abord à Benfeld puis à Sélestat où il terminera responsable de rayon.  En 2000, se présente une opportunité pour intégrer un grand groupe spécialisé dans les produits parapharmaceutiques et produits d’hygiène, et à ce jour il y occupe toujours un poste de magasinier.

La course à pieds ,  il y est arrivé un peu par hasard. Il assiste en tant que spectateur à une édition des courses de Sélestat et se dit qu’il s’essaierait bien à cette discipline. Il arrête la cigarette, du jour au lendemain, sans produit de substitution. Il trouve un groupe, constitué par des collègues et des amis pour s’entraîner.

Il boucle sa première course, un 10 kilomètres à Sélestat en 56 minutes, inscrit par son épouse.  C’est le début d’une belle aventure ; son meilleur chrono sur un 10 kilomètres est arrêté à 42’29 à Strasbourg. Avec son ami Pierrot, il participe aux courses organisées dans les proches parages : Scherwiller, Epfig, Sélestat….. Il s’essaie sur la distance du semi marathon et boucle celui de Belfort en 1h48, puis celui de Scherwiller, qu’il termine en près de 2 heures sous une chaleur caniculaire.

La distance mythique du marathon l’attire aussi : Son premier marathon à 40 ans se déroule à Paris où il termine en 4h09. En 2011, il participe au marathon de Berlin qu’il boucle en 4h20.

Il participe deux fois aux Crêtes Vosgiennes, qu’il affectionne particulièrement.

Il intègre l’association dès sa création ; il aime l’ambiance conviviale qui y règne lors des sorties dominicales.  Dans cette association, il se sent à l’aise, et tout en courant, aime échanger et bavarder. Lorsqu’il se sent en confiance, il arrive à maîtriser ses émotions et du coup son bégaiement est à peine perceptible.

Tes entraînements :

1)      Ton parcours d’entraînement préféré ?
Le massif de l’Ortenbourg.

 2)      ton point fort ?
Peut – être le fait de ne pas me mettre de pression, pas de stress avant les compétitions, pas d’objectifs chrono.

 3)      ton point faible ?
Assurément, mon manque de confiance en moi qui me fait rester en retrait d’un groupe.

 4)      La course qui te fait rêver ?
Aucun rêve particulier, ne serait – ce de contribuer à l’organisation d’une course en faveur d’un jeune de Sélestat, qui a l’âge de mon fils et qui est atteint d’une myopathie.

 5)       Tes projets ?
Faire le semi-marathon de Salzbourg, puis la première édition du marathon de Colmar, où j’ai promis à une amie inscrite au marathon, de l’accompagner à partir du semi, jusqu’à l’arrivée, sous la barre des 4 heures.

Puis cet automne, le trail des Sangliers à Pontarlier. J’aime les sorties organisées par l’association, car on se retrouve entre gens simples, animés par la même passion. J’aime particulièrement l’après-course, lorsqu’on partage ses sensations, son expérience.

 La passion est l’âme de la parole (Fénelon)

 

 

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16 réponses à le portrait du jour

  1. Comité SPORT EVASION dit :

    Nous l’avons reconnu ! Nous tenons à le remercier pour sa force de propositions. Toujours prêt, avec son épouse à nous trouver des sorties plaisantes : Volerie des aigles, Dusenbach,….Merci Y et V.

  2. Fred Cambecèdes dit :

    Il a fait partie de ces personnes qui m’ont si bien intégré au Club, en discutant, tout simplement, lors de nos sorties dominicales. C’est, je trouve, un garçon d’une infinie gentillesse.

  3. Claudine dit :

    Bravo, encore un chouette portrait, il y a vraiment de belles personnes dans notre association !
    Yves ne change rien, on t’apprécie tellement pour ce que tu es.

  4. Weber dit :

    Salut Yves
    Trop d’accord avec Claudine.! restes comme tu es
    A dimanche !!

  5. BB dit :

    Coucou partenaire…. ben va falloir courir vite pour boucler le marathon en 3h59.
    Mais je compte sur toi….
    Biz

  6. Beatrice dit :

    Coucou Yves
    Je me joint à tous les autres,tu es formidable ..
    Ne change rien et reste comme on te connaît!
    B+ M

  7. balthasar Michèle et dom dit :

    Beau parcours et de beaux projets Yves.
    Tu es également un excellent conseiller touristique en ce qui concerne (les calanques…. Rome … et certainement d’autres destinations)
    A plus

    Dominique

  8. chris wolf dit :

    salut Yves,je suis d’accord avec les autres commentaires,c’est vrai t’es un gars bien et surtout ne te mets plus en retrait dans un groupe car tu merites comme n’importe qu’elle personne de l’assossiation une place a l’avant.
    PS:surtout si c’est moi qui emmene le groupe…..

  9. Joseph dit :

    Salut YVES ET VIVIANE
    Je t’ai reconnu à l’introduction par rapport de ton père que j’ai connu au SCS foot.
    Je suis d’accord avec Fred. Et je remercie le club pour avoir fait ta connaissance.
    Continu ainsi.

  10. GG dit :

    salut Yves

    compliments bien mérités. A bientôt pour partager de bons moments ensemble.

  11. Bertrand dit :

    Salut Yves ,
    Rien à rajouter tout est dit dans les commentaires.
    Bertrand et Sandra

  12. Pierrot dit :

    C’est lui ! Le démon tentateur. Celui qui m’a tendu la pomme marquée Marathon ! Avec son air de ne pas y toucher, il me l’a vendu comme ça : pour mes quarante ans, j’aimerais bien faire un marathon. Tu le fais avec moi ? Et voilà. Même pas de négociation sur le prix. C’était emballé. C’est avec ce mec-là que que j’ai fait LA sortie qu’on n’oublie pas. Il s’est pointé un dimanche matin sous une fine neige, style grésil, le thermostat affichait un banal -2 mais les mini flocons se déplaçaient presque à l’horizontale. En principe, on ne se pose pas la question quand les conditions ressemblent à ça. On craque une allumette et on bronze devant la cheminée. Mais bon. Quand vot pote est devant la porte, on laisse tomber le chiffon (ça a quand même un avantage…) et on chope les masques de ski pasque le froid qui vous bouffe les doigts, ça gave, mais la neige qui rentre dans les yeux ça le fait pas du tout. Et voilà nos deux pieds nickelés qui passent devant la chapelle des chênes et qui déboulent au delà de la forêt de l’Ill. Ils arrivent donc dans les champs gelés et prennent l’azimut « château du HK ». Par là, ça doit bien nous ramener vers Sélestat… Ca a commencé comme un conte de fée : 80 daims au bas mot au milieu du givre. Les yeux ne veulent pas le croire. Mais ça bouge, c’est donc du vrai. On se laisse guider par les chemins qui serpentent mais on n’arrive pas vers la gravière comme espéré, mais au pont sous l’autoroute direction St Hyppolite… PAS du tout prévu le méga détour. Et là divine surprise! Le vent du NORD. Au bout d’une minute, on a adopté la position à la queue leu leu tellement ça soufflait. On ne se disputait pas trop pour prendre les relais. En cyclisme on parle de suceur de roue. On a essayé. Qu’est ce qu’on aurait donné pour une feuille de papier journal à se glisser sous le collant! On est donc rentrés tétanisés et congelés. J’avais déjà versé des larmes en trempant mes doigts dans l’eau tiède tellement ils étaient froids. Cette fois là, c’étaient les c… qu’on s’était gelées. Au sens propre. On se souvient toujours de la première fois…
    On l’a donc fait ce marathon de Paris. La première fois où les cuisses se sont mises à brûler! KM37, on mec distribuait de la gnole dans des dés à coudre, ça ne s’invente pas !
    C’est la première fois où je suis revenu sur la ligne d’arrivée et j’ai regardé ce spectacle ô combien émouvant d’une arrivée de marathon. Voir les gens qui arrivent après 4, 5, 6 heures d’efforts est absolument bouleversant. Il y a beaucoup de non-sportifs dans le paquet, on les repère assez facilement. On est non seulement admiratifs devant leur ténacité, mais on est fier pour eux.
    Nous avions eu la bonne idée de passer une nuit supplémentaire sur place. L’après-match fut absolument délicieux : un génial moment de partage et d’amitié.
    Que de premières fois ! Cet Homme est un véritable pourvoyeur de gâteries. Les femmes de la rue des tulipes l’ont très bien senti : elle courent pour chercher leur ticket le dimanche matin afin de passer les premières ! On se dispute ses faveurs ! Elles sont comme moi Yves, tes petites coquetteries oratoires sont vraiment les dernières choses qui viennent à l’esprit lorsque l’on pense à toi. Lorsque l’on vient à ta rencontre Yves, on est toujours sûr de trouver ce que l’on cherche : une indéfectible amitié !

  13. NICOLE Koehler dit :

    coucou Yves
    Que dire d’autre, nous validons à 100% les commentaires laissés par tous.
    Serge et Nicole

  14. HEIDRICH François dit :

    Tes propos passionés m’ont conquis lorsque j’ai évoqué avec toi mon éventuelle participation au Crêtes Vosgiennes, et l’aventure évoquée ci-dessus par Pierrot m’ont aussi rappelé de récents frissons.
    Merci Yves,

  15. Viviane Brunstein dit :

    Merci à vous tous très touché par vos commentaires
    Yves

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